Voici un article que je porte à la connaissance des internautes. Je l'ai intitulé : "Comment contourner la législation pour créer des OGM qui n’en sont pas sur le plan juridique," mais
qui en sont dans les faits ! Le contrôle des semences à l’échelle de la planète est tellement juteux sur le plan financier que les multinationales de l’agroalimentaire font preuve d’une
imagination débordante pour détourner ou plutôt contourner la législation en vigueur.
Les OGM sont un vrai danger pour l’alimentation humaine et animale. Le coût exorbitant du prix des semences, trois fois plus cher que les semences libres de
droits empêche la plupart des pays en voie de développement de se nourrir. Pour info, selon la FAO, organisme de l’ONU, 975 millions d’êtres humains sont en état de famines.
Des Etats africains ont été « obligés » de modifier leur constitution pour autoriser l’importation des OGM sur leurs sols. En Afrique comme ailleurs, des gouvernements corrompus ont acceptés
des sommes colossales, versées sur des comptes dans des paradis fiscaux par des multinationales, uniquement pour pouvoir faire du business, au détriment de l’intérêt général.
Un certain nombre de dictateurs africains possèdent une richesse supérieure au P.I.B. de leur pays (Le Produit Intérieur Brut correspond à la richesse moyenne par
habitant vivant dans le pays !)
Le but : Prendre en otage les agriculteurs de la planète pour se faire un maximum de taux de
profit. Le fric uniquement le fric ! En France, on parle de l’agriculture en général. Ce terme n’est pas approprié. On doit dire : « Les différentes formes d’agricultures. » En effet le premier syndicat agricole, la FNSEA, sèmes des OGM, le second syndicat, La Confédération-paysanne les arrachent !
Deux conceptions du monde agricoles radicalement opposées. Le malheur, c’est que l’argent est dans les mains, (et les poches) des adhérents de la FNSEA, soutenus par le
gouvernement. Les primes compensatoires, environ 10 milliards d’euros, payées par le contribuable sont inégalement réparties : 70% des primes sont données à 30% des agriculteurs… les plus aisés.
Et si l’on faisait l’inverse, en affectant des primes uniquement à ceux qui en ont besoin pour faire une agriculture saine ???
Mais ceci est une autre histoire !
Pour info, le mois dernier, j’ai publié 9 articles sur le sujet.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Louis-rémy Le Jacobin.
Des tournesols mutés tolérants à des herbicides -
Des OGM clandestins ?
Le point de vue technique :
Pioneer a mis au point la lignée de tournesol SU7 avec caractère ExpressSunmc qui a la particularité d’être tolérant à un herbicide. Le tournesol a été rendu
tolérant à l’herbicide par l’exposition à une substance mutagène chimique qui a produit une modification génétique d’un gène bien spécifique [1]
Sur le plan fonctionnel
: Il s’agit donc d’un Organisme Génétiquement Modifié (par mutagénèse) pesticide comme l’est par exemple le soja Roundup Ready de
Monsanto tolérant au glyphosate. Par contre le procédé de production est différent puisqu’il s’agit de la mutagénèse. Il n’y a pas d’apport de matériel génétique extérieur : ce n’est donc pas de
la trangénèse même s’il s’agit encore de Modification Génétique. Cette mutagénèse est aléatoire dans la mesure où c’est tout le génome qui est soumis à l’exposition à la substance mutagène, comme
c’est le cas aussi avec la mutagénèse utilisant les radiations ionisantes.
La réussite de la mutation est vérifiée à la fois par la fonctionnalité de résistance à l’herbicide et par le séquençage génétique du gène cible qui est un gène
bien identifié (ALS1). Par contre, en raison du caractère aléatoire de l’exposition, on ne sait rien ou pas grand chose de l’existence et des effets d’éventuelles autres mutations. De ce point
de vue on a la même incertitude que dans les cas des OGM de 1ère génération, pour lesquels on ne sait pas où va se placer le transgène dans le génome.
Remarque : en même
temps que Pioneer propose la technologie ExpressSun, BASF propose la technologie Clearfield qui donne au tournesol la même propriété de résistance à un autre herbicide. Cette résistance est
issue de mutations qui sont apparues "spontanément" chez des formes sauvages de tournesols adventices. Ces mutations ne sont pas dues à l’exposition à une substance mutagène mais résultent du
stress produit par les herbicides destinés à "nettoyer" les cultures.
Le point de vue réglementaire
:
La directive européenne 2001/18 définit à l’article 2 un OGM comme étant "un organisme, à l’exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié
d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle." Juste après il y a l’article 3 nommé "exemptions", dont le 1er alinéa est ainsi rédigé :
"La présente directive ne s’applique pas aux organismes obtenus par les techniques de modification génétique énumérées à l’annexe I B". Cette formulation est sans équivoque : il s’agit bien
d’OGM... mais qui ne sont pas concernés par cette directive. En se reportant alors à l’annexe 1B, on peut y lire : "Les techniques/méthodes de modification génétique produisant des organismes à
exclure du champ d’application de la présente directive [...] sont : 1) la mutagenèse ; 2) la fusion cellulaire". Cela pose évidemment la question de savoir pourquoi avoir retiré ces techniques
de Modification Génétique du champ d’application de la directive censée définir le cadre juridique des OGM, ce qui de fait les transforme en OGM
"clandestins".
La réponse peut être tout simplement trouvée dans les avantages que cette "exemption" procure à ces technologies. N’étant pas légalement considérés comme des OGM,
ces OGM clandestins obéissent à la réglementation des végétaux standards et sont donc ainsi dispensés des contraintes de la directive rendant notamment obligatoires des demandes d’autorisation
(mentionnant les procédés de production utilisés), des évaluations en terme de santé et d’environnement ainsi que des étiquetages, aussi insuffisants soient-ils. Ainsi, grâce à ce laxisme
évidemment volontaire de la directive, Pioneer peut annoncer qu’il possède 3 variétés ExpressSun prêtes à un développement commercial dès les semis 2009 sans être passé par les contraintes
d’autorisation d’OGM. Pour le moment c’est l’homologation de l’herbicide sans lequel ces tournesols ne présentent pas d’intérêt, qui tarde à venir en France.. Si cette homologation intervient
maintenant, ces tournesols pourront être cultivés dès cette année. Dans les pays d’Europe centrale et de l’Est, ces tournesols couvrent 300.000 hectares.
Le point de vue agronomique
:
D’après leurs promoteurs, ces technologies constituent une "révolution" dans la mesure ou elles permettent de désherber en post-levée, c’est à dire une fois que
la plante est levée (avec plusieurs feuilles apparentes). En facilitant ainsi le désherbage par voie chimique, ces tournesols s’inscrivent complètement dans la logique productiviste du modèle
agricole dominant. Pourtant, l’utilisation à grande échelle de plantes résistantes aux herbicides depuis plus de 10 ans s’avère catastrophique : les "mauvaises herbes" sont devenues tolérantes
à ces herbicides et les doses de pesticides que ces OGM étaient censés diminuer n’ont fait qu’augmenter. En Amérique, là où ces plantes ont été largement utilisées, il devient de plus en plus
difficile de contrôler ces "adventices" [2].
Les promoteurs de ces nouveaux tournesols sont parfaitement au courant de ces problèmes et recommandent des "bonne pratiques" par une utilisation raisonnable de
l’herbicide et par des pratiques agricoles telles que la rotation des cultures. Mais même là où ces « bonnes pratiques » sont respectées, les adventices résistantes finissent par apparaître,
parfois un peu moins vite, les premières d’entre elles étant les repousses de la première culture résistante qui envahissent les cultures suivantes. En fait, les réelles alternatives au
désherbage chimique ne les intéressent pas. Ce qu’ils veulent avant tout c’est vendre leurs semences et l’herbicide qui va avec... le plus longtemps possible ! Si problème il y a ce sera la
faute des agriculteurs qui n’auront pas respecté les recommandations. Et au bout de quelques années, les mêmes phénomènes de tolérance des adventices apparaîtront comme ils sont apparus avec
les plantes tolérantes au glyphosate. On nous vantera alors un nouveau procédé miracle. Mais d’ici là les terres auront été inondées d’herbicides.
Le point de vue santé environnement :
En tout point semblable aux OGM pesticides.
Le point de vue militant, citoyen et consommateur :
Ces tournesols mutés ne sont qu’une toute petite partie des multiples applications des techniques GM que sont la mutagénèse et la fusion cellulaire. Près de 3000
variétés de 170 espèces différentes obtenues à partir de mutations incitées sont recensées par l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique). La plupart des variétés de choux et de
chicorée, plus de la moitié des colza… sont issus de fusions cellulaires destinées à introduire des stérilités mâles issues d’espèces sexuellement incompatibles et permettant de fabriquer des
semences hybrides F1 non reproductibles. Des techniques utilisant des nanoparticules pour introduire des caractères non héréditaires commencent aussi à être développées hors de tout cadre
réglementaire. Elles sont commercialisées sans aucun étiquetage et sans aucune évaluation environnementale ou sanitaire.
Les militants doivent traiter ces OGM clandestins pour ce qu’ils sont avec tout le panel d’actions dont ils disposent. Ils doivent sensibiliser le public et
interpeller les politiques (notamment les candidats ou élus aux européennes) sur la tromperie que constituent ces OGM clandestins en vue, notamment de la modification de la directive. Le droit
des consommateurs doit pouvoir être utilisé en liaison avec les associations de consommateurs pour obtenir ce résultat.
Notes :
[1] voir : Lignée de tournesol SU7 avec caractère ExpressSun et tolérant les herbicides-> et Les tournesols résistants à des herbicides se font prier. Voir aussi
"Pespectives agricoles" n° 353 de février 2009)
[2] voir : OGM : la menace des « super mauvaises herbes » s’amplifie
Source / auteur : OGM 31
Source : http://www.hns-info.net/spip.php?article18535
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